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La petite histoire de Pétro-Canada

Par Jean-Pierre Lévesque-Sergerie • 18 avr 2008 • Categorie: Affaires, Derniers articles

Lorsque le prix du pétrole quadrupla en 1973, le Nouveau parti démocratique du Canada (NPD) proposa au parlement un projet de loi visant à instaurer une société d’État dans l’industrie pétrolière afin de tenter de stabiliser les prix à la consommation, en plus d’empêcher l’exode des profits de cette industrie, alors presque entièrement contrôlés par des intérêts américains. En 1975, les libéraux, en situation minoritaire, allèrent de l’avant avec ce projet puisqu’il concordait avec la philosophie de nationalisme économique de Trudeau. Les conservateurs de l’époque, tout comme ceux qui leur succédèrent, se sont toujours opposés à une telle idée, préconisant le libre marché à tout prix.

Utilisé comme instrument politique, la gestion de l’entreprise n’était pas entièrement libre du pouvoir gouvernemental dans ses premières années. La stratégie corporative était décidée à Ottawa plutôt qu’à son siège social de Calgary. L’orientation donnée à l’époque était la croissance plutôt que la profitabilité, vu un fort mouvement de la droite albertaine, et les conservateurs minoritaires de 1980 souhaitaient le démembrement de la société. Pour les dirigeants de Pétro-Canada, plus la société grossissait, moins elle était susceptible d’être démantelée.

La crise mondiale de surproduction de 1981-1982 fit chuter les prix par quatre en seulement quelques mois. La nouvelle société d’État eut énormément de difficulté à s’ajuster face à cette crise et sa structure financière s’en retrouva ébranlée. En 1984, les conservateurs de Mulroney prirent le pouvoir et cessèrent d’intervenir dans la gestion de Pétro-Canada et ne fit rien pour aider la viabilité de cette compagnie dont ils voulaient se départir à tout prix.

En 1990, après avoir laissé à elle-même cette société de la Couronne, le gouvernement conservateur annonce son intention de privatiser la compagnie. C’est en juillet 1991 que 81 % des actions sont liquidées sur le marché. Le bloc restant de 19 % sera vendu en 2004 sous les libéraux de Paul Martin, pour rapporter 3,2 milliards de dollars.

Ce qui a « tué » Pétro-Canada en tant que société d’État fut la partie de ping-pong idéologique entre une vision du libre marché à tout prix et celle d’une prise en main de l’État dans une industrie hautement volatile et qui affecte de façon importante tous les Canadiens. Cette confrontation idéologique s’est tenue dans de nombreuses industries : le gouvernement Mulroney privatisa 23 des 61 sociétés d’État pendant ses années au pouvoir, dont Air Canada et le Canadien National.

Pétro-Canada occupe aujourd’hui le 36e rang mondial dans l’immense l’industrie pétrolière. Elle possède plus de 23,85 milliards d’actifs et a réalisé en 2007 pour 2,7 milliards de profits nets. Elle figure au 443e rang du Fortune 500 Global, les premières positions étant occupées respectivement par Exxon Mobil (L’Impériale Esso, au Canada), Royal Dutch Shell et British Petroleum.

Si un coup de main avait été donné à Pétro-Canada dans les années 1980, sa privatisation aurait été vue comme une erreur magistrale d’un point de vue politique en 1990. Les profits faramineux de l’Alberta d’aujourd’hui existeraient toujours, mais ils seraient davantage redistribués aux Canadiens, au lieu de revenir à des sociétés étrangères.

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Jean-Pierre Lévesque-Sergerie est sans contredit LE critique du journal, celui qui ose dire ce que certains à l’École ne veulent pas entendre, tant les étudiants sur leur « culture étudiante » que la direction de l’École et sa sacrosainte image corporative. Reporter ordinaire, il excelle toutefois dans le texte d’opinion. Grand amateur de scotch et de vin, il reste toujours fidèle à la Labatt 50, avec laquelle il a appris à découvrir les plaisirs de l’alcool.
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Un commentaire
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  1. Il manque les côtés sombre de Pétro-Canada à ta petite histoire. Pétro-Canada quand les profits n’était pas suffisant dans les année 90 ou elle ne rencontrait pas les objectifs des actionnaires avec un cf roce d’à peine 6%, elle nous demandait notre implication pour trouver toute sorte de moyen pour augmenter la productivité et la fiabilité de ces installation. Aujourd’hui qu’elle fait des milliards de profits elle fout ces employés en LOCK-OUT et ce sans raisons valable car nous la seule chose qu’on veux c,est ni plus ni moins que ce qu’elle
    a consenti dans ces autres usines à moins bien sûr qu’elle soit anti-francophone.

    Bon je crois que je vais te laisser.

    Très bien fait ta petite histoire

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