HEC vue par… un finissant en finance
Par Anne-Sophie Pratte • 5 nov 2008 • Categorie: Derniers articlesZOOM SUR LA FINANCE
Bruno, employé de la Société Générale à la plateforme de trésorerie de Montréal, dévoile comment son BAA spécialisation finance le propulse en avant et le freine par moments.
Questionné sur sa vision de HEC Montréal, Bruno éclate de rire et dit d’un ton badin : « J’adore HEC Montréal! Ça m’a donné les bons outils pour réussir! »
Bruno est atterri sur le marché en 2008, frais émoulu de l’université. Aux premières loges de la crise, il témoigne des licenciements importants dans le secteur des services financiers : « La crise est répandue, pas que dans les banques. On vit l’insécurité. Les entreprises commencent même à virer. Dans les banques, là où les traders sont en première ligne, ça vire carrément. C’est chaud(…). » De quoi décourager les étudiants de choisir la spécialisation finance? On le constatera bien assez tôt.
« HEC est un nom connu à Montréal. J’ai beaucoup postulé en France, c’est moins connu. Et aux États-Unis, ce n’est pas connu du tout », observe Bruno. La maîtrise, en revanche, jouit d’un certain prestige selon le jeune financier : « La maîtrise de HEC est très cotée en finance. Pas mal de gens qui ont fait la maîtrise en ingénierie financière sont devenus traders. »
Bruno s’estime pourvu de bases solides en finance grâce à ses cours au BAA : « Je me sens bien armé. Le bac est très général, mais il donne de bonnes bases. » Selon ses dires, les Français qui fréquentent HEC ont fait le bon choix : « HEC est super concret. Comparé à mes copains français, qui ont fait des écoles de commerce en France, HEC est très axée sur la finance de marchés, même en finance d’entreprise, alors que le parcours de mes amis est plus généraliste. HEC se concentre sur le comportement des marchés, certains profs sont très calés. » Des noms? « Alain Elkaim, qui est aujourd’hui trader pour la financière, je crois. »
À son arrivée sur le marché du travail, certaines habiletés techniques manquaient à Bruno, qui est devenu autodidacte : « Quand je suis arrivé, je n’avais pas les connaissances. Ils m’ont demandé de faire de la programmation Excel. J’ai acheté un bouquin, et j’ai complété ma formation avec le matériel que j’avais déjà. Également, je n’avais pas les méthodes pour calculer des produits plus compliqués comme les swaps. »
Bruno se dit confortablement installé aux premières loges de la crise, côtoyant les traders, le pouls battant au même rythme que le marché. Impitoyables, ces géants de chiffres rouges et verts? « Ah oui! Ils n’ont pas de sentiments, les marchés! », s’esclaffe le jeune homme d’affaires.
Anne-Sophie Pratte Branchée sur l’actualité économique, Anne-Sophie Pratte veut faire de la finance sa spécialité pour mieux en analyser les faits saillants. L’esprit critique toujours à l’affût, Anne-Sophie défend fièrement ses valeurs sociales et morales en regard du monde des affaires. Vous pourrez lire articles, entrevues et chroniques dans la rubrique Affaires.
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