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	<title>L'Intérêt &#187; Jean-Philippe Gagnon</title>
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	<description>Le journal officiel des étudiants et des étudiantes de HEC Montréal</description>
	<pubDate>Tue, 16 Dec 2008 19:42:23 +0000</pubDate>
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		<title>Loyauté 101: la place des médias dans les débâts publiques</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Oct 2008 14:34:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe Gagnon</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Il semble de plus en plus que les élections soient devenues un moment opportun pour les règlements de compte. Au début des élections, plusieurs manchettes de journaux portaient sur des sauts d’humeur, de véritables coups bas déloyaux à l’endroit des dirigeants politiques en place. Autant chez les libéraux que chez le Bloc Québécois, les doutes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il semble de plus en plus que les élections soient devenues un moment opportun pour les règlements de compte. Au début des élections, plusieurs manchettes de journaux portaient sur des sauts d’humeur, de véritables coups bas déloyaux à l’endroit des dirigeants politiques en place. Autant chez les libéraux que chez le Bloc Québécois, les doutes de certains membres de partis se concrétisent bizarrement avec le coup d’envoi de la campagne électorale. D’une part, le leadership de Céline Hervieux Payette, la lieutenant au Québec et conseillère de monsieur Dion, a été comparée à une figure autoritaire dictatoriale, d’autres parts, chez les blocquistes où la mission séparatiste, du moins aux yeux d’ex députés tels que messieurs Barette, Brassard, Leblanc et Lebel semble être dissoute, oubliée dans le programme du parti. Les critiques envers le Bloc deviennent plus sévères alors que ces réfractaires scandent l’inutilité du parti à Ottawa.</strong></p>
<p>Ces deux interventions sont injustifiées dans le présent contexte et donnent un droit de parole gratuit, non mérité à des acteurs sans substance et mêmes incompétents. Sans madame la sénateure, monsieur Dion serait maintenant professeur et leur travail, dans les circonstances, mérite le respect et l’intégrité du parti. Nous avons été témoins d’une transformation incroyable du chef libéral. Lors de sa nomination, on avait affaire à un homme timide, mal à l’aise tant en public qu’à la caméra ; depuis, les changements sont indéniables. Sa présence réussie à Tout le monde en parle en est la preuve, il fut d’une prestance impressionnante et même d’un humour divertissant. Lors du débat des chefs, il n’a pas été aussi mordant qu’il aurait pu l’être par moment, mais tout de même, il était convaincant, cohérent et articulé. Les récents succès de monsieur Dion sont représentatifs des efforts considérables de son équipe qui compose avec des ressources minimales. Non seulement madame Hervieux Payette est-t-elle blâmée pour ce blitz mais on l’accuse également d’avoir mal géré le parti au Québec. On a un bel exemple de cruauté politique ici. Le Parti Libéral du Canada élit un candidat de la vieille garde de Chrétien alors que depuis 18 mois de course à la chefferie il scande un renouveau de son image et de son contenu, il abandonne son chef quelques mois plus tard devant l’insatisfaction populaire et ensuite réprimande les éléments stratégiques en place qui ont répondu présent. La fidélité et la loyauté ne sont pas des défauts pour les gens qui agissent face à l’adversité. Il est beaucoup trop facile pour ces acteurs qui demeurent dans l’ombre de dénoncer les difficultés financières de l’équipe Dion et il est honorable que madame la sénateure ait fait le ménage dans les candidats au Québec. Il y a une expression justement qui dit que c’est pendant les périodes difficiles que l’on découvre ses véritables alliés. Eh bien, je croie que le parti libéral doive évacuer les troubles fêtes en se regardant dans le miroir à la suite des élections et régler ses sérieux problèmes identitaires et internes.</p>
<p>De l’autre côté, ne soyons pas surpris non plus de la minimisation de la question souverainiste dans le plan électoral blocquiste. Cette idée, bien qu’elle ait été inspirante, formatrice pour le Québec et qu’elle demeurera une passion évidente dans la définition de notre culture ainsi que de notre identité, personnifie les rêves de nos parents et non les nôtres. On ne commencera pas à en débattre, du moins, pour le scrutin présent, la souveraineté n’est pas un sujet stratégique pour le Bloc Québécois. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’a plus de raison d’être ; Gilles Duceppe est un politicien expérimenté qui peut toujours venir brouiller les cartes lors d’élections fédérales et provinciales. Il représente les intérêts du Québec au parlement et les québécois ne devraient pas risquer de perdre un parti qui se concentre exclusivement sur leurs besoins, leurs ambitions. Ils pourraient le regretter.</p>
<p>Bref, comme quoi des coups dans le dos sont coutumes dans le paysage politique au Québec, dans un contexte de campagne électorale fédérale sans grande implication sociale. La confiance, l’éthique, le respect ainsi que la loyauté semble être des vertus floues, remplacés plus souvent qu’autrement par l’égoïsme et l’égocentrisme.</p>
<p>Ce qui est troublant c’est lorsque l’on revient à la source de ces fuites. Il semble certain que ce soit nos médias qui donnent le droit de parole à ces personnes qui ne devraient pas recevoir une telle couverture. C’est un scénario trop facile car les acteurs ne sont pas responsables des conséquences de leurs actes. Dans les dernières années, nous avons connu d’horribles situations où les conséquences de la dénonciation médiatique ont fait mal au développement présent du Québec et à l’élaboration future de projet de société. Prenons seulement l’exemple du Québec Lucide. Alors que quelques audacieux avant-gardistes nous projetaient les défis et opportunité du Québec ainsi que d’honnêtes pistes de solution, les médias, au nom d’une minorité trop facilement convaincante, manipula l’occasion pour maintenir un statu quo aujourd’hui outrageux. Qui sait où serait le Québec fidèle à une ambition lucide ? Parallèlement, le fabuleux projet de casino du Cirque du Soleil a été saccagé via l’implication d’un groupe imbécile, réfractaire au projet qui a eu une visibilité extraordinaire dans les journaux. Le sujet à traîné tellement longtemps (probablement parce que les journalistes n’avaient rien d’autres à dire) que les concepteurs ont remis en question la crédibilité du projet devant un tel mouvement populaire. Ils avaient tort ! Depuis quand le Québec est-il devenu aussi indifférent face à l’incompétence et à la facilité ? Où est allé notre combativité, notre fierté,  notre goût du risque ?</p>
<p>Le rôle principal des médias devrait être de dénoncer de telles questions et d’interpeller, de donner le droit de parole à des les individus crédibles qui ont des pistes de solution, ils doivent en faire une mission. Les défis qui s’en viennent, les débats qui seront requis pour y remédier n’auront pas de place pour l’égoïsme et le personnalisme. Si on veut changer le Québec, faire une différence dans le monde par nos valeurs d’égalité et d’accessibilité, il faudrait peut-être commencer à parler des vraies choses maintenant. La conscientisation des citoyens par la dénonciation et la remise en question est la clé à une meilleure implication motivant la création de débats de société. Les médias sont les mieux placés pour proposer la croissance de ces projets rassembleurs. Pourtant, ils ne le font pas en projetant une image de stabilité derrière une fixation de statu quo en valorisant des vues et des opinions qui ne tiennent pas la route. Ces débats de société mènent à des changements, des révolutions alors que les individus changent selon une transformation des valeurs. Il est essentiel dans les années à venir que les médias s’affirment comme des vecteurs de changements de mentalité, d’émergence des ressources et des promoteurs de connaissance qui nous permettront de réaliser nos ambitions. Une rigueur dans la qualité du contenu et dans l’exactitude des opinions mises de l’avant dans les projets de société que nous choisirons sera primordiale. Le Québec ne peut se permettre de nivellement par le bas, le sort de notre génération en dépend et celle de nos enfants aussi. Ce sera à nous les jeunes de mener cette nouvelle révolution tranquille.</p>
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		<title>Votez pour Dion</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Sep 2008 03:11:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe Gagnon</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Stéphane Dion n’a peut-être pas 400 ans, ni un DVD d’entraînement; par contre, il demeure pour moi le candidat de choix le 14 octobre prochain. Or, si la tendance se maintient, nous allons élire une seconde fois le gouvernement conservateur de Stephen Harper sous une modification, une majorité au pays.
De prime abord, j’espérais une élection [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Stéphane Dion n’a peut-être pas 400 ans, ni un DVD d’entraînement; par contre, il demeure pour moi le candidat de choix le 14 octobre prochain. Or, si la tendance se maintient, nous allons élire une seconde fois le gouvernement conservateur de Stephen Harper sous une modification, une majorité au pays.</strong></p>
<p>De prime abord, j’espérais une élection novatrice et dynamique durant laquelle la société canadienne aurait valorisé la richesse du contenu ainsi que le leadership des candidats et où pour une fois le véritable visage de monsieur Harper aurait été dénoncé. Malheureusement, nous sommes loin de ce scénario alors qu’il semble que les canadiens concrétisent davantage leur réputation de sosies des américains en élisant dans l’erreur une seconde fois un gouvernement trompeur.</p>
<p>Où sont passées la fierté et l’identité du Canada qui faisaient l’envie du monde? Où est passée la qualité des débats publics au sujet des valeurs qui compte réellement lors d’une élection?</p>
<p>Ces questions se posent alors que nous ouvrons la porte trop facilement à un parti conservateur qui ne demande rien de mieux que la paix majoritaire pendant 4 ans. Nous fournissons les armes à Stephen Harper pour qu’il favorise l’instauration d’une idéologie de droite, une identité qui n’est pas celle du Canada. Ce qui est alarmant chez le premier ministre actuel, c’est son côté tacticien avec lequel il arrive à proposer des idées cohérentes afin de présenter discrètement des valeurs morales sévèrement questionnables comme la refonte du Sénat ou la renaissance des débats sur l’avortement et le mariage gai. Lors des élections de 2004, monsieur Harper avait peine à se sortir d’embarras à savoir s’il était pro-choix ou non. Sa réponse fut qu’il admettait la réalité de l’avortement! N’allez pas penser que depuis 4 ans l’homme a changé drastiquement d’avis : on parle du même Stephen Harper ici, 4 ans plus tard.</p>
<p>Il y arrive car les gens ne se renseignent pas, ils ne lisent rien à propos des élections, ils se fient à des couvertures médiatiques défavorables au candidat libéral Stéphane Dion; il n’est pas secret que La Presse, journal détenu par Power Corporation (famille Desmarais), a préféré Bob Rae à Monsieur Dion lors de la course au leadership. N’était-il pas incompréhensible de constater l’unanimité favorable des journalistes envers monsieur Harper malgré leur boycott depuis le règne des conservateurs? Au Québec, la situation est encore plus embarrassante alors que le chef conservateur sait qu’il y gagnera ou perdra son pari électoral. Il reconnaît la nation, mais coupe dans la culture; il règle le déséquilibre fiscal, mais coupe dans les fonds de nos OBNL, engrenage majeur de développement économique. Et les gens le supportent tout de même.</p>
<p>Cela donne l’impression que les électeurs aiment avoir des figures autoritaires sans grande envergure au pouvoir. Ils sont séduits par des promesses faciles, comme la baisse de la TPS et par l’absence d’une proposition visionnaire, un projet rassembleur qui demande du courage et des sacrifices. Le 14 octobre, je crois sincèrement que nous serons presque dans l’obligation de voter pour Monsieur Dion afin d’éviter un regret conservateur dans 2 ans. En effet, le chef libéral devient un acteur primordial parce que le vote se jouera au Québec et parce qu’un vote pour le bloc est un vote pour Harper.</p>
<p>Je comprends que monsieur Dion soit loin d’être un Obama; pourtant, monsieur Écologie est le seul candidat au Canada qui prêche un remaniement des idées de fond en confrontant constructivement la donne conservatrice. Il demeure un personnage froid et son message ne semble pas passer; par contre, on ne peut lui enlever sa finesse, son habileté politique, son intelligence. Il devra miser sur ces forces pour gagner. Monsieur Dion doit absolument sauter sur le manque de substance de Harper, son aspect simple, ses idées radicales, en fragilisant sa figure autoritaire. Le leader de l’opposition est probablement le candidat qui saisit le mieux les grands dossiers de l’heure; eh bien qu’il nous le prouve.</p>
<p>Il doit nous convaincre qu’il a la stature d’un premier ministre qui a à cœur les ambitions ainsi que les défis de son pays et non celles de ses idéologies. Ce que Stephen Harper a réussi à défaire le mieux, c’est un fondement du Canada, sa réputation internationale. Il est intéressant de constater à quel point le pays a changé depuis le gouvernement Chrétien. De son temps, il était clair que le Canada devait demeurer indépendant des États-Unis tout en demeurant un étroit collaborateur dans certains dossiers, notamment dans le maintien de la paix dans le monde. Aujourd’hui, hélas, cette belle époque est révolue alors que Stephen Harper est devenu le frère de sang de la puissance américaine. Je ne parlerai même pas de son absence à Pékin. Est-ce que tout est mauvais depuis cette redéfinition stratégique? Non. Notre armée a été modernisée pour le meilleur ou pour le pire. Est-ce que le Canada devait se repositionner au niveau international? Oui. Mais de cette façon? Probablement pas.</p>
<p>D’autre part, serait-ce possible que le caractère redondant de nos élections favorise la rentrée majoritaire de Stephen Harper?</p>
<p>J’ai bien peur que notre société se soit essoufflée, désintéressée de la politique. Sérieusement, quand plus de 1,5 million de personnes regardent Occupation Double, soit du frenchage sous le coup de la jalousie dans le bois avec 27 caméras, je me dis que des absurdités comme un gouvernement conservateur majoritaire peuvent bien survenir. Les gens ne développent pas d’intérêt pour la connaissance de leurs leaders politiques. Harper enlève les programmes de développement économique, sa popularité augmente, il coupe dans la culture, les gens l’adorent (sauf les Gémeaux). Non mais on doit être sadomasochiste et pas juste un peu, les sondages lui donnent 42 % des voix! Le Québec est ce qu’il est aujourd’hui grâce à sa créativité tant au niveau des arts que de l’innovation industrielle. Sans programmes de soutien concrets à la concurrence et à l’innovation des entreprises québécoises et sans la valorisation de nos artistes, s’est renoncer au présent et au futur de notre société soi-disant distincte. Je ne voterai pas pour un parti qui ne le reconnaît pas, j’en fais une conviction.</p>
<p>Bref, tout cela demeure entre nos mains, il n’est pas trop tard. Mais en écrivant cet article, j’ai des frissons en pensant qu’on a tous fait le mauvais choix en entrant à HEC, parce que les étudiants en psycho vont avoir besoin d’aide pour comprendre le raisonnement des Canadiens le 15 octobre prochain.</p>
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